Dieu règne

Jacob dit : « Je ne te laisserai pas partir sans que tu m’aies béni. » Genèse 32.27.

Un combat. Un combat singulier : celui d’un homme avec Dieu. Un homme qui a conduit sa vie jusqu’alors par la ruse, et qui est agité à ce moment-là de son existence par la peur. La peur de devenir la proie de son frère, Ésaü, qu’il a trompé quelques années auparavant pour lui ravir son héritage. Maintenant Jacob a peur de perdre toutes les possessions accumulées au fil des années. Un homme qui, jusqu’à ce combat décisif, apparait davantage dans le récit biblique comme un intrigant qu’un croyant. Mais Dieu, cette nuit-là, va le « toucher » au plus profond de lui-même et « changer son nom ». Jacob (le supplanteur) va devenir Israël (Dieu règne).

Au terme de ce combat, au petit matin, Dieu va finir par démettre la hanche de Jacob. L’articulation de la hanche peut être comprise dans ce texte comme une image de notre propre force, de notre indépendance. C’est à cela que Dieu travaille chez Jacob – et chez nous – afin de briser cette autonomie, ce désir de nous en sortir par nous-mêmes. Dans toutes ses situations de vie, Jacob s’en était en effet toujours sorti par la ruse ; il n’avait pas besoin de Dieu. C’est pourquoi Dieu ne pouvait pas le bénir ni faire de lui ce qu’il avait projeté. Mais cette nuit-là, reconnaissant qu’il a rencontré pour la première fois quelqu’un qui peut le vaincre (et il gardera dans sa chair ce souvenir), Jacob prend conscience de l’identité de celui qui lutte avec lui. Et il lui demande de le bénir avant de partir (c’est l’inférieur qui demande à un supérieur une bénédiction).

Dans ce temps si particulier au cours duquel nous prenons, individuellement et collectivement, davantage conscience de la fragilité de nos protections, de nos systèmes, de nos « puissances », demandons à Dieu de nous révéler plus en profondeur notre totale dépendance et notre besoin de lui. Et plaidons pour une nouvelle bénédiction ; Dieu règne !

Erwan CLOAREC

Pour approfondir, lire Genèse 32.22-32.

Orientations de prière 

  1. À partir du texte : Seigneur, merci parce que tu es venue nous rencontrer dans notre nuit. Merci parce que tu ne te lasses jamais de lutter avec nous afin de briser notre entêtement. Et merci parce que tu nous autorises à lutter avec toi pour hériter de tes promesses. Oui Seigneur, viens régner en moi.
  2. Pour l’Église : prions pour que Dieu conduise la réflexion de nos dirigeants quant à la question de la réouverture progressive des lieux d’Église.
  3. Pour le monde : prions pour les musulmans à travers le monde en ce début de Ramadan. Que le Dieu de Jésus-Christ puisse se révéler à leur cœur.